retour à: Esquisse d'une historiographie de la chanson au Québec

Notes

1 - « De 1764 à 1867, plus de 300 chansons ont été publiées dans des périodiques.  »(John Hare, « oeuvres littéraires mises en musique », in [sous la direction de Helmut Kallmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters], Encyclopédie de la musique au Canada, Fides, Montréal, 1983, p. 734.) Cette affirmation est quelque peu douteuse. Elle dépend toujours de ce que l'on entend par chanson. Car au XIX' siècle, on publie souvent un poème dans la rubrique « chanson ». Si l'on inclut ces textes, l'on doit compter, uniquement pour la période de 1834 à 1845, la plus prolifique puisqu'elle coïncide avec les troubles de 1837-1838, dans tous les périodiques québécois, environ cinq cent trente chansons. retour au texte

2 - Étienne Parent dès 1834, F.X. G.[arneau?] dès 1834, Napoléon Aubin dès 1837, Jos[eph] Lenoir (surtout des poèmes) dès 1848, Eugène L'Écuyer dès 1849, Octave Crémazie dès 1853, Adolphe Marsais, sans doute l'un des plus prolifiques des années 1860, publie dès 1855 et Emmanuel Blain de Saint-Aubin dès 1861 (1862?). retour au texte

3 - Par exemple, The Morning Courier for the Country publie, dans la rubrique « Poetry », « The New Nation Anthem from Later English Newspaper » (voir August 10th, 1837, vol. 3, nº 27, p. 4). retour au texte

4 - Les auteurs qui publiaient des chansons de tradition orale avant les années 1860 les appelaient « chansons de voyageurs  »(voir La lyre canadienne, 1847). De plus, si l'on se réfère à l'ouvrage de Conrad Laforte, La chanson folklorique et les écrivains du XIXe siècle (...), on peut constater que quelques auteurs comme Philippe Aubert de Gaspé fils, Alphonse Poitras et Patrice Lacombe citent des fragments ou des chansons complètes dans leurs œuvres vouées à l'expression de la civilisation. retour au texte

5 - Voir Conrad Laforte, La chanson folklorique et les écrivains du XIXe siècle, p. 32. retour au texte

6 - Cependant le véritable début date du moment de sa collaboration étroite avec Marius Barbeau alors qu'ils commencent à phonographier les chansons et que les collectes bénéficient d'un intérêt plus important que ses premières tentatives au cours des années 1880 où il avait remarqué l'impossibilité de publier les nombreuses pièces. retour au texte

7 - François Brassard, Marius Barbeau et Luc Lacourcière et des interprètes de folklore tels Albert Viau et Roger Filiatrault procéderont aussi au même type de cueillette. retour au texte

8 - Voir Collection Édouard-Zotique Massicotte, vol. 6, « Divers », p. 286-E 343, salle [Philéas] Gagnon, Bibliothèque municipale de Montréal. retour au texte

9 - Voir Yves Alix, avec la collaboration de Pierre Fournier, Chansons de lutte et de turlute, p. 77. retour au texte

10 - Certaines feuilles étaient publiées sans musique. Les chansons reproduites se chantaient sur un air connu (timbre) et ressemblaient par leur contenu et leur forme à la feuille d'opinion qui caractérise la presse québécoise de l'époque (voir Jean de Bonville, La presse québécoise de 1884 à 1914 (...), p. 115 et suiv.). D'autres feuilles comprenaient la partie musicale mais souvent imprimées dans un plus grand format. retour au texte

11 - Voir Fonds F-207, Madame Louis Boyer, cahier ms., Archives de l'Université Laval; Conrad Laforte, Le catalogue de la chanson folklorique française, tome 6 – chansons sur des timbres, p. 427, 431-432. retour au texte

12 - Voir Conrad Laforte, op. cit., p. 514, 518. retour au texte

13 - Outre le peu d'importance accordé au nom de l'auteur, on peut noter la valeur relative du titre parmi les chansons littéraires les plus connues comme en témoigne « Un Canadien errant  »devenu « Un Acadien errant  »dans Encyclopédie de la musique au Canada, p. 1010; Conrad Laforte, « Un Canadien errant  »in (sous la direction de Maurice Lemire) Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, tome 1, Des origines à 1900, p. 714-715. retour au texte

14 - Soit parce qu'elle fut chantée avec plusieurs mélodies et/ou sur des textes différents. Le cas de « Un Canadien errant  »est exemplaire dans la mesure où elle fut d'abord chantée sur un air folklorique (« Au bord d'un clair ruisseau  »et « Métamorphose ») et fut d'abord diffusée par l'oralité avant d'être publiée dans Le charivari canadien le 4 juin 1844 sous le titre « Le proscrit », deux ans après sa rédaction. De plus, quelques versions du texte, qui diffè;rent du texte critique publié par Ernest Gagnon dans Chansons populaires du Canada, ont été collectées. retour au texte

15 - Jean-Marie Shaeffer, Qu'est-ce qu'un genre littéraire?, p. 175. retour au texte

16 - Conrad Laforte, Le catalogue de la chanson folklorique française, tome VI – chansons sur des timbres, p. 428-430. retour au texte

17 - Conrad Laforte, La chanson folklorique et les écrivains du XIXe siècle (...), p. 46; Conrad Laforte, « Le canotier  »in (sous la direction de Maurice Lemire) Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec, tome 1, Des origines à 1900, p. 82-83. Comme le souligne Laforte, cette chanson parut d'abord sous l'anonymat dans Le Journal de Québec, le 19 juin 1864, p. l. retour au texte

18 - A.[dolphe] Marsais, « Pour la Minerve, la justice de Dieu, chant guerrier sur l'air de la Marseillaise », in La Minerve, vol. XXVII, nº 54, p.[2], 26 janvier 1855; Félix Guérin, « La nouvelle varsovienne », sur l'air de « La Marseillaise », in Le Pays, vol. IV, nº 9, p.[1], 14 février 1855; [Anonyme], « L'hon. Mr. Cartier », sur l'air de « La Marseillaise », in L'Avenir, vol. 7, nº 9, p.[3], 29 juillet 1856. retour au texte

19 - Oscar Le Myre, « Au vingt-deuxième », sur l'air du « Drapeau de Carillon », in Le Passe-temps, Montréal, nº 619, 22 mars 1919, p. 106-107. retour au texte

20 - Par un jeune, « Ô Bourassa », sur l'air de « Ô Canada », [s.d.n.l.], Env. 2104, salle Gagnon, Bibliothèque municipale de Montréal. retour au texte

21 - Anonyme, « Le grand nez », chanté sur l'air de « Un Canadien errant », in Chansonnier, Québec, [s.é.], 1851, p. 27-28. retour au texte

22 - Jean-Marie Shaeffer, Qu'est-ce qu'un genre littéraire?, p. 119. retour au texte

23 - Robert Giroux, « Le discours critique porté sur la chanson populaire française en 1985 », in La chanson dans tous ses états, p. 14. retour au texte

24 - Le « Ô Canada  »et « Un Canadien errant », en plus d'être publiées dans de nombreux recueils de chansons imprimées, figurent parmi les 41 chansons (dont les 39 autres sont de tradition orale) sur l'album Canada's Story in Song, sung by Allan Mills [pseudonyme de Albert Miller], Folkway Records, FW 3000, 1960, 12 in., 33 l/3 rpm. (Voir aussi Cécile Tremblay-Matte, La chanson écrite au féminin (...), p. 18.) retour au texte

25 - Marius Barbeau, « Nos chansons de terroir et leurs origines », in Revue du Québec industriel, p. 5. retour au texte

26 - Jacques Aubé, Chanson et politique au Québec (1960-1980), p. 16. retour au texte

27 - Helmut Kallmann, A History of Music in Canada 1534-1914, p. 183. Voir aussi p. 178. retour au texte

28 - L’illustration de la chanson folklorique (...), p. 13. retour au texte

29 - Arthur Buies, Anglicismes et canadianismes, 1888; J.[ules-Fabien] Gingras, Manuel des expressions vicieuses les plus fréquentes, 1867; N.[apoléon] Caron, Petit vocabulaire à l'usage des Canadiens français, 1880; J.[oseph] A.[mable] Manseau, Dictionnaire des locutions vicieuses du Canada (...), 1881; etc. retour au texte

30 - Voir Léo-Pol Morin, Papiers de musique, p. 224. Voir aussi les chroniques publiées dans Le Passe-temps, le 27 décembre 1917 sous le titre de « Dans les coulisses des disques  »et puis du 19 janvier 1920 au 14 janvier 1922 sous le titre « Discophonia ». retour au texte

31 - Helmut Kallmann, Stephen C. Willis, « Folklore – Compositions inspirées du... », in Helmut Kallmann et al., Encyclopédie de la musique au Canada, p. 368. Nous pouvons également rattacher à ce courant Oscar O'Brian, Eugène Lapierre et Hector Gratton. retour au texte

32 - Victor Morin, « La chanson canadienne », in Mémoires de la Société royale du Canada, troisième série, tome XXI, section l, imprimeur : Société royale du Canada, 1927, p. 161-206. retour au texte

33 - Cette classification dichotomique entre chanson folklorique et chanson littéraire ne rend pas compte des nuances qu'impliquent la diffusion du texte, sa provenance, l'auteur et la date de création. C'est peut-être pour des raisons similaires que le concept de « folk society  »du sociologue américain Robert Redfield cessa de désigner la société canadienne-française. retour au texte

34 - Marius Barbeau, « Les chants populaires du Canada », in La revue moderne, Montréal, janvier 1932, 13 année, nº 3, p. 5. Plus de 8 500 chansons avaient été recueillies en 1945. retour au texte

35 - Voir Marius Barbeau, Ceinture fléchée, Montréal, Éditions Paysana, 1945, 110 p. retour au texte

36 - Cela est peut-être un facteur qui explique son intérêt pour la chanson de tradition orale si l'on considère qu'il fut, comme Lacourcière, influencé par l'anthropologie de Franz Boas, qui privilégiait l'approche déductive, empirique des peuples primitifs. Barbeau aimait d'ailleurs rapporter la question qu'avait posée Franz Boas lors du colloque de l'American Folklore Society en 1914 : « Les Canadiens ont-ils conservé leurs anciennes traditions orales?  »(Voir Barbeau, « Le folklore canadien-français », in Mémoires de la Société royale du Canada, section 1, série III, vol. IX, mars 1916, p. 449; et « Contes populaires canadiens », in Journal of American Folklore, vol. XXIX, nº CSI, janvier-mars 1916.) Cette question servit en quelque sorte de rampe de lancement à l'étude du folklore canadien-français, puisque Barbeau, à ce moment-là, avait négligé de noter les contes ou chansons que les Hurons de la Jeune-Lorette lui récitaient en français. retour au texte

37 - Voir Conrad Laforte, « Luc Lacourcière 1910-1989 », in Mémoires de la Société royale du Canada, cinquième série, tome IV, 1989, 376- 380. retour au texte

38 - L'Université McGill avait déjà produit quelques thèses dans ce domaine (Dorothy Mathewson, 1924); mais à Laval, il s'agissait d'une première : « La première thèse sur le folklore canadien-français présentée à la faculté des lettres de 1'Université Laval a valu à son auteur, la R. sœur Marie-Ursule, de St. Paul (Minnesota), le premier titre de docteur ès lettres (...).  »(D.C.N., « Première thèse sur notre folklore », in La Patrie, Montréal, 18 janvier 1947. retour au texte

39 - Voir Marius Barbeau, « Nos chansons de terroir et leur origine », in Revue du Québec industriel, p. 3. retour au texte

40 - L'illustration de la chanson folklorique (...), p. 70-71. Les auteurs se réfèrent probablement à Léon Gérin, « L'habitant de Saint-Justin, contribution à la géographie sociale du Canada », in Mémoires de la Société royale du Canada, seconde série, tome IV, section l, 1897, p. 189-190. retour au texte

41 - Elle est « désignée  »par le terme « populaire  »dans la mesure où elle fait référence à la chanson folklorique (de tradition orale) et exprime une réalité passée et elle est « qualifiée  »de populaire dans le cas où elle est l'expression du peuple. retour au texte

42 - Voir Luc Lacourcière, « La transformation d'une chanson folklorique : du Moine Tremblant au Rapide blanc », in Recherches sociographiques, vol. l, nº 4, octobre-décembre 1960, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, p. 401- 434. retour au texte

43 - « Comme il devenait de plus en plus facile de se procurer des recueils de chansons, la transmission orale tomba en désuétude, la spontanéité créatrice fut freinée et le besoin qu'on avait de ce genre de chanson s'atténua.  »(Willie Amtmann, La Musique au Québec (...), p. 202) retour au texte

44 - Serge Gagnon, Le Québec et ses historiens (...), p. 395. La collecte de chansons n'est pas automatiquement rattachée à un refus de la modernité », mais si l'on se fie au discours tenu par les premiers collecteurs, le rapprochement est justifié. De même, la chanson de tradition orale peut être interprétée avec une attitude passéiste, comme l'était l'entreprise de Charles Marchand, alors qu'en Afrique, par exemple, comme le souligne Paul Zumthor, « ce qu'ils font [les chanteurs] est moins tourné vers le passé qu'attaché à l'effet désordonné des pays noirs essayant de se trouver un langage qui leur permette de dialoguer avec le monde moderne ». (Paul Zumthor, Performances, réception, lecture, p. 64) retour au texte

45 - D'autres ouvrages ont été publiés auparavant par Léo-Pol Morin, Eugène Lapierre, etc., mais de moindre envergure et davantage reliés au mouvement de musique national, valorisant, à l'instar des romantiques, les sources folkloriques de la musique canadienne. retour au texte

46 - Edwin John Pratt, « Marius Barbeau », in The Star Weekly and Canadian Weekly, Toronto, Toronto Star Limited, April 4th, 1964, p. 9. retour au texte

47 - Philippe Buisset, « 4 – Pour une sociologie de la chanson », in Encyclopaedia Universalis, 1989, p. 362. retour au texte

48 - La situation s'est aussi complexifiée dans la mesure où l’on peut maintenant distinguer « chanson à texte », « chanson poétique »ou « chanson savante »d'avec « chanson populaire », « chanson de variétés »et « chanson folklorique », et les placer de la même façon sur l'axe intraverti-extraverti. Voir Jacques Julien, « Essai de typologie de la chanson populaire », in Les aires de la chanson québécoise, Montréal, Éditions Triptyque, 1984, p. 103-123. retour au texte

49 - La chanson de tradition orale avait aussi bénéficié d'une diffusion relativement importante mais toujours en regard de la popularité du répertoire qu'elle véhiculait et ce, jusqu'au moment où Jacques Labrecque, le Quatuor Alouette, Allan Mills [pseudonyme de Albert Miller], etc., en fassent la promotion. La chanson littéraire, elle, valorisera l'interprète. La présence de l'auteur-compositeur implique celle de son répertoire, mais ce n'est pas uniquement celui-ci qui est sollicité, comme dans la chanson de tradition orale. retour au texte

50 - Christian Larsen, Chansonniers du Québec, 1964, p. 47. retour au texte

51 - Damase Potvin, « Qui à Québec et à Ottawa où il a vécu, se rappelle le brillant chansonnier Blain de St-Aubin », in La Patrie, le dimanche 2 juillet 1950, p. 21 et 39. La Bolduc est généralement reconnue comme pionnière, d'autres ont aussi parlé de Léo LeSieur (voir « Le premier de nos chansonniers à se faire interpréter par les nôtres d'abord », in Télé-Radiomonde, 1" mai 1965, p. 4), oubliant Roméo Beaudry, dont les artistes de Starr-Gennett enregistrent les chansons. Voir aussi Christian Larsen, 1964, p. 4. retour au texte

52 - Collection Jean-Jacques Schira (repiquage sur 240 cassettes de rouleaux de cire, cylindres et 78-tours), Archives nationales du Québec, division de l'Estrie (Sherbrooke). retour au texte

53 - Collection Vaillancourt, Bibliothèque nationale du Québec. (à l'instar des Archives nationales du Canada, où monsieur Vaillancourt a aussi écoulé une partie de sa collection, les supports ne peuvent être manipulés.) retour au texte

54 - Bernard Mouralis, « Les littératures dites marginales ou les "contre-littératures" », in (sous la direction de Henri Béhar et Robert Fayelle) L'histoire littéraire aujourd'hui, p. 40. retour au texte