Les bâtisseurs
de la
chanson québécoise
Le développement historique et le fonctionnement de l'industrie de la chanson québécoise
La chanson du Québec et ses cousines

photo La Bolduc



Petite histoire

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tabMary-Rose-Anna Travers, surnommée La Bolduc, naît le 24 juin 1894 à Newport, en Gaspésie. Elle y passe son enfance auprès d'un père violoneux. Malgré son manque de formation musicale, elle joue plusieurs instruments de musique (violon, accordéon, harmonica, bombarde) et se fait engager comme accompagnatrice pour les Soirées du bon vieux temps de Conrad Gauthier au Monument National. En 1927, elle y fait ses débuts professionnels et passe vite la rampe avec un seul refrain, qu'elle fait répéter à la foule, « Il y a longtemps que je couche par terre ». Dans le cadre de cette enceinte du « Vieux monument tout gris », que chantera le jeune Charlebois, elle écrit ses premières chansons, « La cuisinière » et « La servante », enregistrées sur disque 78 tours. Ce microsillon se vend à 12 000 exemplaires, ce qui, à l'époque, constitue un succès inégalé, et assure déjà à La Bolduc une grande popularité. Elle fonde alors sa propre compagnie et propose à Jean Grimaldi, au début des années 1930, de diriger ses nombreuses tournées à travers le Québec et l'Acadie. «Les disques ont précédé les tournées qui n'ont existé que parce que l'industrie du disque avait été totalement anéantie par la crise économique des années 1930. Si elle enregistre une quarantaine de 78 tours entre 1929 et 1932, elle n'enregistre rien en 1933 et 1934 et seulement sept 78 tours entre 1935 et 1939 (1 en 35, 4 en 36 et 2 en 39). En juin 1937 elle est blessée sérieusement dans un accident de voiture et meurt le 21 février 1941, des suites d'un cancer. » *

Ses créations s'inspirent de la vie courante et d'airs proches du folklore, ainsi que des traditions musicales telles la turlutte, la gigue et le reel. Plusieurs de ses 300 chansons auraient été écrites sur des timbres, et nombre d'entre elles, pour des circonstances précises. De la centaine de ses textes conservés, les trois quarts demeurent accessibles grâce à ses nombreux enregistrements et repiquages. Elle est reconnue comme la première chansonnière ayant pu vivre de son art. André Gagnon se rappellera d'elle dans Les turluteries (variations au piano inspirées de Bach et de 11 chansons de La Bolduc) et Jean-Paul Riopelle s'en inspire dans quelques tableaux. Charles Trenet l'évoque aussi avec sa chanson « Dans les rues de Québec » (1950), composée à partir de « Chez Gérard ». Les chansons « Ça va venir découragez-vous pas » et « La chanson du bavard », enregistrées en 1930 et 1931, témoignent, d'une part, de l'humour de la chansonnière devant la crise économique et, d'autre part, des remous qu'elle provoque dans des milieux plus sophistiqués à propos de son niveau de langue

Tiré de La Chanson québécoise de la Bolduc à aujourd'hui, Roger Chamberland et André Gaulin, Nuit Blanche éditeur, 1994
* Cet ajout a été fait grâce à la collaboration de David Lonergan auteur du livre La Bolduc, la vie de Mary Travers, publié en 1992 par Isaac-Dion Éditeur et le Musée de la Gaspésie (qui possède tous les objets personnels de Mary Bolduc). Aujourd'hui, il appartient aux Éditions Triptyque de Montréal.

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Paroles de chansons

La chanson du bavard

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Discographie sommaire

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Les Canadiennes et la musique, il y a un paragraphe sur La Bolduc


Bibliographie:
La Bolduc: la vie de Mary Travers, David Lonergan, Isaac-Pion Éd., en coll. avec le Musée de la Gaspésie, 1992, 212 p.
Le guide de la chanson québécoise Robert Giroux, Constance Havard et Rock Lapalme, Triptyque/Syros Alternatives, 1991
La chanson québécoise de la bolduc à aujourd'hui Robert Chamberland et André Gaulin, Nuit Blanche Éditeur, 1994

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